Une délégation French-Road à Tallinn, capitale estonienne

Publié par Emmanuel PESENTI le

French-Road, à la découverte de la X-Road…

Une équipe French-Road s’est rendue à Tallinn pour une journée de travail (le 20 février) à la découverte de la X-Road, socle technique de la première nation digitale au monde. Mais on ne peut projeter de mettre le pied dans ce pays Balte sans prévoir de profiter également de son art de vivre et de sa chaleur humaine !

Les Estoniens sont fiers de leur ID-Card d’e-citoyen

Arrivés à Tallinn le 19 février, le premier constat que nous avons pu faire avant notre journée de travail est que dans toute la société, jusque dans les foyers, chacun est très fier de son ID-carte d’e-citoyen (à l’instar de celle présentée par French-Road) et des moyens qu’elle offre, en termes de rapidité et d’efficacités sociétales. Nous avons été étonnés, en interrogeant par exemple notre chauffeur de taxi sur son usage en X-Road, que ni ce mot, ni celui de « cross-road » ne lui soient familiers. Peu de gens les connaissent ou les reconnaissent. Ce qu’il faut dire est : « What about your ID-Card » ? Là, les langues estoniennes se délient. Concrètement, on entend alors que toute l’organisation sociétale est pensée au service du « client citoyen » !

La délégation French-Road accueillie chez Cybernetica

Dans le cadre de sa mission estonienne, la délégation French-Road a été reçue par Oliver Väärtnõu, CEO Cybernetica, accompagné de son responsable des développements Arne Ansper. La société Cybernetica assure notamment le développement de la plate-forme X-Road estonienne.

Concrètement, depuis Janvier 2018, Cybernetica héberge un pilote French-Road de découverte technique de la solution UXP1 (surcouche de la x-road V6.16 open source déployée en Estonie). Précision pour les technophiles, cette surcouche est agrémentée d’utilitaires privés, et d’accélérateurs permettant à Cybernetica de mettre en œuvre des pilotes grandeur nature très rapidement, puis de déployer une solution X-Road chez ses clients, tout aussi rapidement.

Actuellement, French-Road dispose donc d’une infrastructure estonienne en X-Road permettant d’approfondir, depuis Paris, les concepts techniques, racines de la société digitale estonienne. Cette expérience estonienne est incontournable, parallèlement à celle d’une seconde infrastructure French-Road autonome basée à Paris. Pour les spécialistes, cette double infrastructure permet la mise en œuvre de notre propre PKI sur la base de son implémentation EJBCA, et de la version open source X-Road v6.16.

French-Road effectue toutes ces recherches et développements dans la perspective d’en permettre une reprise optimale par l’administration française. French-Road souhaite en effet que son expertise, que seule une initiative privée peut offrir (pour sa souplesse et son indépendance), serve à la France, voire à terme à l’Europe.

Au-delà du travail de « maçonnerie » que représente le socle technologique X-Road, l’administration française peut ainsi « réfléchir au coup d’après », c’est-à-dire en anticipant une organisation lui permettant de conserver ses prérogatives pour opérer digitalement son devoir régalien vis-à-vis de la société civile. De fait, French-Road apporte également des solutions organisationnelles.

Enfin, French-Road, en proposant ainsi des services X-Road propres et respectueux de la loi RGPD, permettrait aux administrations publiques et privées de raisonner intrinsèquement « services sécurisés sur Identifiant Digital unique ».

La visite French-Road du ShowRoom e-estonia

E-Estonia ShowRoom est une institution qui informe chaque année plus de 10.000 visiteurs sur le parcours rigoureux de la numérisation de l’Estonie. La visite a été proposée à la délégation French-Road par Anna Piperal, la directrice générale de cette institution estonienne. Fière d’expliquer ce défi : « comment l’Estonie est parvenue à offrir des services citoyens ultra sécurisés et performants, dans un environnement Internet intrinsèquement non-sécurisé » !

X-Road, une haute sécurité numérique…

Anna Piperal explique :

« Jusqu’à présent, personne n’a brisé le système et si vous n’avez pas d’ordinateur quantique, vous ne pouvez pas le faire. Si quelqu’un parvenait quand même à casser le système, il recevrait une récompense de 30.000 euros ».

Un autre point important dans le développement du système est qu’il est décentralisé. Il n’y a pas de gros serveurs pour garder toutes les données à un seul endroit. Un citoyen ne saisit ses données qu’une seule fois dans sa vie. Grâce à un accord explicite, les différents fournisseurs de services (service public, télécommunication, banque…) n’ont pas besoin de lui demander son adresse, ou autres données justificatives comme un bulletin salaire ou un justificatif de domicile.

X-Road, une bureaucratie minimaliste

« La banque ne verra jamais quels impôts je paie, tout comme les impôts ne verront pas mes dossiers médicaux.
Si mon permis de conduire a expiré, il suffit d’envoyer une mise à jour des données nécessaires !
A votre naissance, l’hôpital enverra les données nécessaires à la sécurité sociale et aux autorités fiscales afin qu’elles calculent les prestations auxquelles les parents ont droit. Tout est possible, mais un soutien politique est nécessaire.
Selon les statistiques, l’utilisation des signatures numériques permet d’économiser 2% du PIB du pays chaque année parce que nous n’avons plus besoin d’utiliser le papier. Pratiquement tous les mois, nous économisons jusqu’à une tour Eiffel de papier (300 mètres) ».

En tant que Français, nous sommes fiers que notre tour Eiffel serve d’étalon à une mesure écologique ! Surtout qu’à la réflexion, en France, grâce au système de digitalisation French-Road, nous économiserions environ 50 tours Eiffel par an…

X-Road, une expérience utilisateur idéale

« Avec le retrait des Russes, nous nous sommes rapidement aperçu que nous n’avions pas de ressources naturelles et que nous n’avions pas les moyens de bâtir des édifices publics pour héberger nos services. Notre seul atout est la connaissance de nos citoyens ».

Concrètement, les utilisateurs ont une carte, deux codes PIN et une signature numérique. Un code PIN contrôle la carte, l’autre émet la signature numérique. Les utilisateurs insèrent la carte dans leur ordinateur, saisissent le code PIN et peuvent accéder aux données dont ils ont besoin. L’expérience de l’utilisateur est idéale, comme le décrit Anna Piperal qui nous a montré ses propres données sur le système X-Road :

« Il y a mes numéros de documents, mes numéros de téléphone, mon compte e-mail. Ensuite, il y a l’immobilier, le registre foncier, mes données de santé. Là, ce sont mes renseignements sur l’emploi ; ici mes informations de circulation et mon assurance automobile. Je n’ai pas de dette vis-à-vis du service fiscal de mon pays, sinon ce serait là.
Ici mes informations d’étudiante, où j’ai passé un Master à l’université de technologie de Tallinn. Si j’achète un billet, le système se rendra automatiquement compte que je ne suis plus étudiante. Mon chat Mavrodi est dans le registre des Pets. Et nous sommes tous les 2 à jour dans nos vaccins ! ».

Voir la vidéo French-Road à Tallinn en Digital society

 

Emmanuel PESENTI
Président French-Road
Françoise HALPER
Vice-Présidente French-Road

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1 Système de protection des données personnelles permettant à chacun de rester maitre de ses données conformément au cadre requis par le GRPD. Le système définit l’utilisateur numérique, son cycle de vie et ses relations et fournit l’interface centrale lui permettant de gérer tous les attributs liés à la confidentialité de ses données.


1 commentaire

de BERLHE · 1 mars 2018 à 15 h 43 min

Bonjour et merci pour cet excellent résumé de la délégation en Estonie.
J’avoue qu’à vous lire, on a qu’une idée en tête…
Vivement avoir cette expérience utilisateur en tant que e-citoyen de la French-Road…
Une bureaucratie minimaliste comme tout le monde en rêve, un traitement amélioré et optimisé de l’ensemble des données, la sécurité avec…
Alors, bien-sûr « faisons simple avec French-Road », j’en suis convaincu, mais vite messieurs les « politiques » tout cela nécessite un appui et seul l’appui gouvernemental pourra permettre le décollage de cette e-société française à la manière des e-estoniens et oui le temps presse sans pour autant confondre vitesse et précipitation.
Bravo Emmanuel et Françoise et tous ceux impliqués dans ce projet !

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